Histoire de l'Eglise

L’Église protestante évangélique libre d’Orthez

Évoquer l’histoire d’une Église qui vit et évolue au cours des ans, tout en restant fidèle au message de l’Évangile, revient souvent à rappeler le rôle de ses conducteurs spirituels. Nous les présentons donc dans ce rapide survol, sans oublier les épouses qui les ont accompagnés et soutenus de diverses façons. Même si nous ne les citons pas, nous n’oublions pas les paroissiens qui ont contribué, souvent dans l’anonymat, à faire vivre cette assemblée depuis près de deux siècles. Parfois ce sont eux qui ont pris des initiatives que le pasteur n’a fait qu’accompagner. L’évocation qui suit est l’occasion de reconnaître la bonté et la fidélité de Dieu qui n’a jamais abandonné son Église à Orthez.

L’Église protestante évangélique libre d’Orthez est issue du puissant mouvement de Réveil spirituel qui traverse l’Europe à la fin du XVIIIème siècle. A partir de 1821, Henri Pyt (1796-1835) un Suisse du canton de Vaux, « réveille » l’Église consistoriale d’Orthez qui, après la longue période de persécutions et de clandestinité, s’est installée dans le confort matériel que lui apportent les Articles organiques  de 1802. La doctrine, influencée par le libéralisme philosophique du Siècle des Lumières, est marquée par un relâchement doctrinal. La prédication de Pyt, directe et incisive, basée exclusivement sur la Bible, insiste sur la nécessité d’une conversion personnelle.

Le petit groupe qu’il a formé à Baigts-Castétarbe appelle, en 1831, le pasteur Jacques Reclus (1796-1882) qui vient de démissionner de l’Église officielle. Pendant cinquante ans, aidé par l’évangéliste Pierre Laclau (1808-1897), il exerce son ministère d’évangélisation qui s’étend aux communes environnantes : Orthez, Maslacq, Salies, Bellocq, Puyoô… Ainsi naît l’Église d’Orthez qui va fédérer ces différents groupes tout en  se maintenant à l’écart de l’Église concordataire et en s’efforçant de résister à la tentation darbyste. Elle préserve jalousement son indépendance et refuse de rejoindre l’Union des Églises évangéliques de France dont elle est pourtant très proche. Le témoignage dans la cité est amplifié par le dévouement de l’épouse du pasteur Zéline (1805-1887)  qui ouvre une pension scolaire pour les jeunes filles à Orthez.

Succédant à Jacques RECLUS, Paul MONNIER (1862-1943) avec son épouse Clémence arrivent en 1885 à Orthez. Il y reste pasteur pendant cinquante ans lui-aussi. Il insuffle un souffle nouveau et donne une assise solide à l’Église qui adhère à l’Union des Églises évangéliques libres en 1889. Il poursuit le travail d’évangélisation et  communique aux Béarnais son intérêt pour les Missions. Il préside le comité auxiliaire des Missions évangéliques de Paris au sein duquel les deux Églises d’Orthez collaborent ainsi qu’en plusieurs autres occasions – réunions, création d’une Solidarité par exemple. L’Église, désormais bien installée dans la cité, entreprend un gros chantier de constructions. En 1887 : chapelle d’Orthez ; 1890 : chapelle de Puyoô ; 1897 : presbytère ; 1898 : chapelle de Castétarbe.

Claude de HALLER, qui vient de Suisse, succède à Paul MONNIER de 1935 à 1943. C’est la période de l’occupation allemande avec la ligne de démarcation qui partage la paroisse et rend le travail pastoral difficile dans une communauté très dispersée. Il rejoint l’Église libre de Bordeaux en 1943.

Marcel et Suzanne AUMONIER sont à Orthez de 1943 à 1959. Ils continuent à ensemencer le terrain par des réunions d’évangélisation, des visites aux familles et l’instruction biblique dispensée aux enfants, en particulier par Suzanne. Marcel AUMONIER est à l’origine des premiers camps de jeunes de l’Union des Églises Évangéliques Libres.

Alfred et Éliane COYAULT prennent la relève de 1959 à 1975. Alfred se montre dès le début très attiré par le travail auprès des jeunes dans l’Église et au niveau national où il préside le comité de la JEEL (Jeunesse des Églises Évangéliques Libres) et anime des camps. A Orthez il suscite, avec son collègue de Bordeaux Samuel BÉNÉTREAU, la création du centre de vacances Vers les Cimes en 1963. Sur son initiative, l’Église modifie ses structures en regroupant à Orthez les différents rendez-vous qui étaient disséminés dans plusieurs villages des alentours. Longtemps repliée sur elle-même, elle s’ouvre sur le monde. En phase avec la société, les jeunes participent aux échanges culturels franco-allemands au cours d’un voyage outre-Rhin. Une chorale très dynamique rejoint les choralies qui regroupent les Églises libres du grand Sud-Ouest. Alfred COYAULT communique cet esprit d’ouverture à l’Union dont il préside la commission synodale pendant 10 ans.

En 1975, Alfred et Éliane COYAULT répondent à l’appel de l’Église de Cannes.

Claude et Élisabeth BATY (1975-1986) continuent l’œuvre de leurs prédécesseurs en approfondissant la formation théologique de l’Église. Dans la prédication et les études bibliques se manifeste une recherche constante de la qualité. Jeunes et moins jeunes, sous l’impulsion de Claude, s’engagent dans la vie de Vers les Cimes. L’Église trouve une place sur les ondes où les cultes sont retransmis en direct. L’opération s’est poursuivie pendant près de quarante ans, accompagnée par les messages d’encouragement et de satisfaction des personnes isolées ou en recherche. L’ancienne chapelle se révélant trop exigüe et difficile d’accès, la construction d’un nouveau lieu de culte est décidée. La chapelle de la rue Lapeyrère est inaugurée le 7 janvier 1979. A partir de 1981, Claude préside la commission synodale de l’Union des EEL de France, charge qu’il conserve après son départ d’Orthez en 1986, pour l’Église libre de Paris.

Après le bref passage de Jean-Robert et Madeline COMTE (1986-1988) l’Église accueille

Pierre et Christine LACOSTE de 1988 à 2002.

Tout en s’investissant dans son ministère d’édification et d’accompagnement spirituel avec l’enthousiasme de la jeunesse, le pasteur s’engage dans plusieurs associations et en particulier dans des structures à caractère médico-social. De ce fait, l’Église acquiert une lisibilité dans la cité en participant à diverses activités. Elle présente par exemple des équipes sportives dans les rencontres de sport corporatif. Les jeunes sont l’objet d’une attention particulière qui se traduit par un voyage de découverte en Grèce sur les traces de l’apôtre Paul et la participation régulière aux rencontres organisées par l’association Sport et Foi. Comme ses prédécesseurs, Pierre joue un rôle très actif au sein de l’association Vers les Cimes. Par ailleurs un dialogue interconfessionnel s’établit avec les autres communautés chrétiennes (ERF et Assemblées de Dieu ainsi qu’avec l’Église catholique). L’Église est au bénéfice du programme de formation mis en place pour la Nouvelle Calédonie par l’Union. Pierre préside alors la commission synodale. C’est à ce moment-là aussi que, dynamisée par ses conducteurs, elle s’engage à Pau dans une opération d’essaimage qui aboutit à la création d’un poste d’évangélisation qui est devenue une Église majeure en 2012.En 2002, Pierre et Christine répondent à l'appel de l'Église de Cannes.

Philippe et Véronique  DE POL de 2003 à 2013.

Ils s’inscrivent eux aussi dans la continuité, en mettant l’accent sur l’ouverture interprotestante et sur le monde extérieur. Les relations avec l’Église Réformée se traduisent par la poursuite des cultes en commun et aussi par la mise en place du culte de la Réformation, d’échanges de chaires et de rencontres des deux conseils presbytéraux. La traditionnelle longue veille se mue en réveillon solidaire organisé conjointement avec plusieurs associations orthéziennes. La communauté, qui soutient le SEL depuis de nombreuses années, se retrouve aussi dans un collectif où catholiques et protestants se font les défenseurs du commerce équitable. Elle s’engage résolument dans le Défi Michée et dans le soutien à l’enseignement protestant en pays francophones (SEPF). L’effort d’évangélisation prend des formes diverses et originales (la Bible sous toutes ses coutures). Sport et Foi voit son registre d’activités s’élargir. Au tournoi de Futsal viennent s’ajouter des balades dans les Pyrénées et des ateliers de Country Dance. Le culte évolue en accordant une place spéciale aux enfants en complément de  l’école biblique traditionnelle en semaine (Point des enfants, Éveil biblique, Regard en 3 T, Regard d’artistes). En 2010 un culte est retransmis dans le cadre de l’émission Présence protestante. Cette diffusion qui suit l’accueil du synode des Églises évangéliques libres de France en 2009 donne à l’Église locale une audience nationale. Par ailleurs l’enregistrement d’un CD rassemblant quelques psaumes en béarnais témoigne de la volonté de s’intégrer à la culture locale.

Philippe et Véronique rejoignent l’Église de Deuil-la-Barre en septembre 2013.